LES ROUTES VAROISES EN LIBERTÉ
LA BELLE DE MILWAUKEE
La passion de la moto, tout simplement.
03/01/2026.
La Boucle du Mont Faron.
2 février 2026.
Dans un hiver qui faisait pleuvoir les jours comme des dominos, il y a eu cette parenthèse rare, presque insolente. Une fenêtre météo grande ouverte, ciel lavé, routes sèches. Le genre de journée que les motards flairent avant même de regarder l’appli météo.
Tout a commencé tôt, sur le parking du Super U de Rocbaron. Casques sous le bras, moteurs à peine chauds, et sourires déjà bien en place. Les Routes Varoises En Liberté reprenaient du service. Les motos s’ébrouent, le groupe se met en formation, et cap sur Cuers pour récupérer d’autres riders au parking de covoiturage. Là, le peloton prend de l’épaisseur, les salutations claquent comme des high-five mécaniques, et l’aventure peut vraiment commencer.
Direction la presqu’île de Giens. Les kilomètres s’enchaînent avec ce plaisir simple des routes du Var quand elles sont calmes et lumineuses. À Giens, pause café obligatoire. Les motos alignées face à la mer, l’odeur du sel qui se mélange à celle des moteurs chauds,
et cette sensation délicieuse d’être exactement là où il faut, au bon moment.
Mais le clou du spectacle nous attend plus loin. Le Mont Faron.
La montée va être sérieuse, virages enroulés, regards concentrés, moteurs qui chantent juste. Là-haut, le panorama récompensera tout le monde.
Discret mais sans appel.
Dans la montée du Faron, là où la route se resserre et où chaque virage demande du respect, une voiture en fâcheuse posture est venue poser le décor. Arrêtée là, mal placée, un peu cabossée dans sa dignité, elle racontait à elle seule toute l’histoire. Ici, l’inattention ne passe pas inaperçue. La montagne ne sanctionne pas, elle constate.
Les motos ont ralenti, les regards se sont prudents. Pas besoin de longs discours. Juste ce rappel silencieux que ces routes magnifiques exigent présence, trajectoire propre et humilité. On roule pour le plaisir, pas pour le chrono.
La montée continue, fluide, concentrée, presque solennelle. Comme si le Faron avait levé un doigt et dit simplement : « Profitez… mais restez éveillés. »
Toulon à nos pieds, la rade étincelante, l’horizon net comme après un grand coup de balai. Casques posés, discussions qui s’étirent, photos, silence parfois.
Et il y a le pique-nique, simple, convivial, au soleil, comme on les aime. Rien d’extra, tout est parfait.
La route reprend ensuite, non sans jeter un dernier regard sur l'une des plus belle rade au monde.
Direction l’arrière-pays.
On laisse la côte derrière nous pour les courbes plus sauvages, les paysages qui sentent la terre et la garrigue. Passage par le circuit Paul Ricard, temple du sport mécanique, clin d’œil obligé pour les passionnés.
La boucle se referme doucement, les motos roulent encore, mais déjà les esprits rejouent la journée. Cette sortie n’était pas qu’une balade. C’était une respiration. Une journée volée à la pluie. Une de celles qu’on garde en mémoire, comme un moteur qui tourne encore longtemps après avoir coupé le contact.
